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Appel à une législation sur l’IA au Royaume-Uni
Un comité parlementaire britannique chargé d’enquêter sur les opportunités et les défis liés à l’intelligence artificielle a exhorté le gouvernement à reconsidérer sa décision de ne pas introduire de législation pour réglementer la technologie à court terme. Le président du comité, Greg Clark, écrit dans une déclaration accompagnant la publication d’un rapport intérimaire, qui avertit que l’approche adoptée jusqu’à présent « risque déjà de prendre du retard par rapport au rythme de développement de l’IA ».
Une législation spécifique sur l’IA est nécessaire
Le comité observe également que « le gouvernement n’a pas encore confirmé si une législation spécifique sur l’IA sera incluse dans le discours du Roi en novembre. Cette nouvelle session du Parlement sera la dernière occasion, avant les élections générales, pour le Royaume-Uni de légiférer sur la gouvernance de l’IA ». Il plaide donc pour qu’un « projet de loi sur l’IA spécifiquement ciblé » soit introduit lors de la nouvelle session parlementaire cet automne.
Les risques de ne pas légiférer sur l’IA
Le rapport met en garde contre le risque que si le Royaume-Uni n’adopte aucune nouvelle réglementation légale pendant trois ans, les bonnes intentions du gouvernement pourraient être dépassées par d’autres législations, comme le règlement de l’IA de l’UE, qui pourrait devenir la norme de facto et être difficile à remplacer.
Un besoin d’urgence de réglementer l’IA
Il n’est pas le premier avertissement de ce type sur la décision du gouvernement de différer la réglementation de l’IA. Un rapport du mois dernier de l’Institut Ada Lovelace, axé sur la recherche indépendante, soulignait les contradictions dans l’approche des ministres, en soulignant que, d’une part, le gouvernement cherche à positionner le Royaume-Uni comme un centre mondial de recherche sur la sécurité de l’IA, tout en ne proposant aucune nouvelle loi sur la gouvernance de l’IA et en poussant activement à la déréglementation des règles existantes en matière de protection des données, ce qui représente un risque pour son programme de sécurité de l’IA.
Le besoin d’une coordination internationale
Le rapport souligne également la nécessité d’une coordination internationale et d’une coopération mondiale en matière de gouvernance de l’IA. Il mentionne même des préoccupations « existentielles » soulevées par plusieurs technologues de renom ces derniers temps, faisant des affirmations sensationnalistes selon lesquelles l' »intelligence artificielle super-intelligente » pourrait constituer une menace pour l’existence même de l’humanité.
Les défis de la gouvernance de l’IA
Le rapport de la commission met en évidence douze défis de la gouvernance de l’IA auxquels les décideurs politiques doivent faire face, notamment les problèmes de biais, de confidentialité, de représentation, d’explicabilité, de propriété intellectuelle et de responsabilité pour les dommages. Il souligne également les défis liés à l’emploi, à l’accès aux données, à l’accès aux ressources informatiques et au débat sur le code open source vs propriétaire.
Les inquiétudes concernant le gouvernement britannique
Le rapport suggère également que le gouvernement établisse des « obligations de ‘prise en compte' » pour les régulateurs existants dans le projet de loi sur l’IA recommandé d’être introduit en priorité. Il appelle également les ministres à effectuer une « analyse des lacunes » des régulateurs britanniques, qui examine non seulement les ressources et les capacités, mais aussi la nécessité de nouveaux pouvoirs pour mettre en œuvre et faire respecter les principes énoncés dans le livre blanc sur l’IA.
La réponse du gouvernement
Le gouvernement a répondu en déclarant que l’IA a un énorme potentiel pour changer tous les aspects de nos vies et qu’il est nécessaire de l’exploiter de manière sûre et responsable. Il a également souligné son engagement à organiser le premier sommet mondial sur la sécurité de l’IA, réunissant des leaders et des experts mondiaux pour soutenir l’innovation tout en traitant les risques et en évitant les dommages. Le gouvernement a également indiqué que le livre blanc sur la réglementation de l’IA constituait une première étape pour faire face aux risques et aux opportunités présentés par la technologie, et qu’il prévoyait de revoir et d’adapter son approche en réponse à l’évolution rapide du domaine.