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Les risques pour les pirates de streaming illégal
Les personnes qui diffusent du contenu illégalement en ligne sont souvent présentées comme générant d’énormes bénéfices au détriment des propriétaires de contenu légitime. Dans l’ensemble, c’est un résumé exact ; les pirates n’investissent rien dans le processus créatif et ne prennent donc aucun risque en termes de temps ou d’argent.
Ce que risquent les pirates, dans certains cas pour un profit étonnamment faible, ce sont des poursuites judiciaires tant civiles que pénales. C’est un jeu de hasard auquel un nombre surprenant de personnes sont encore prêtes à participer, comme un agriculteur français de Vienne, par exemple. Entre 2019 et 2020, cet homme a diffusé illégalement du contenu appartenant à Canal+, ce qui a attiré 1,495 million de visiteurs, selon le diffuseur.
Condamnation pénale, action civile
En mai 2023, ces activités de streaming (principalement des matchs de football en direct) ont valu à l’homme une peine de prison de trois mois avec sursis dans une affaire pénale. La suspension signifiait que le prévenu ne perdait pas sa liberté, mais il risquait tout de même de perdre de l’argent, probablement à grande échelle, dans une affaire civile.
Canal+ n’a pas déçu les prédictions. En maintenant une longue tradition de dépôt d’une demande de dommages et intérêts de la taille d’un numéro de téléphone, le diffuseur a pris les 1,495 million de visites estimées sur la plateforme, multipliées par le coût mensuel d’un abonnement légitime de 109 euros, puis pondérées par 15%, le taux de pénétration estimé de Canal+.
Arrivant à un montant légèrement supérieur à 7,177,000 euros, le diffuseur a ajouté des dommages moraux et a réclamé tous les revenus publicitaires générés par l’homme pendant la période 2019-2020 ; environ 29,900 euros, plus ou moins.
Décision du tribunal français
Cette semaine, le Tribunal judiciaire de Poitiers a rendu sa décision.
La Nouvelle République rapporte que le tribunal a accordé à Canal+ seulement 56,500 euros, dont 50,000 euros de compensation pour perte, le montant des dommages moraux demandés divisé par dix, plus seulement 5,000 euros sur les 29,937 euros générés par la publicité.
Une note dans le jugement indique que formuler une demande de pertes potentielles précise était impossible.
« Il semble que réaliser un calcul mathématique de la perte de chance de la SA Canal Plus soit impossible », indique le jugement.
Plus de risques : faire appel ou non
La seule question qui reste est de savoir si l’une ou l’autre des parties fera appel. Dans l’ensemble, un appel de la part du défendeur n’aurait guère de sens. Pour Canal+, il y a un aspect dissuasif à prendre en compte, d’où la demande initiale énorme.
En termes pratiques, si une récompense de 60,000 euros ne dissuade pas les pirates potentiels, doubler le montant ne le fera probablement pas non plus. Personne ne s’attend jamais à être pris dans ce genre de situation.
Cependant, si un appel aboutissait à la confirmation de la récompense de 60,000 euros, certains pourraient considérer cela comme utile. Après avoir été examiné deux fois, le montant pourrait être considéré comme une ligne directrice plus prévisible, plutôt que comme une exception imprévisible unique.