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Une entreprise espagnole condamnée pour piratage IPTV
Une entreprise en Espagne et sept de ses employés ont été condamnés à des amendes allant de 540 à 673 000 euros pour leur rôle dans une opération internationale de piratage IPTV qui a été fermée par les autorités il y a près de huit ans. Les peines sont qualifiées d’« historiques » car elles visent des acteurs corporatifs plutôt que des particuliers. Cependant, le contexte de l’affaire rend cette affaire historique pour des raisons totalement différentes.
Des amendes historiques pour les acteurs corporatifs
La Cour provinciale de Pontevedra a infligé de lourdes amendes aux personnes impliquées dans une vaste opération de piratage IPTV, selon un article de ElMundo publié mardi. Sept employés et gestionnaires de l’entreprise espagnole Engel Systems SL ont reçu des amendes allant de 540 euros à 7290 euros pour leur participation à la vente de décodeurs pirates, ainsi que de boîtiers IPTV et de services, par le biais de leur entreprise il y a plus de huit ans.
Engel Systems en tant qu’entreprise a été la plus durement touchée ; une amende de 673 000 euros selon le rapport d’El Mundo, ainsi qu’une interdiction totale de vente de décodeurs à l’avenir. Les directeurs de l’entreprise ont été disqualifiés pendant sept ans, mais après le paiement d’une certaine compensation et compte tenu du retard prolongé de la poursuite, aucun des condamnés n’a été condamné à une peine de prison.
Étant donné le contexte, c’est déjà historique en soi.
Une opération de piratage IPTV internationale
Entre 2010 et 2016, Engel Systems a vendu divers appareils permettant d’accéder illégalement à des contenus TV piratés. L’entreprise vendait initialement des décodeurs TV reposant sur des systèmes de partage de cartes diffusés sur Internet, avant de passer à des services IPTV pirates offrant un accès à environ 1 600 chaînes. Engel Systems travaillait avec des partenaires internationaux, notamment en Allemagne et en Lituanie, où se trouvaient au moins certains de ses serveurs.
Une déclaration d’Europol datant de 2016 suggérait que cette opération illicite est apparue sur le radar des forces de l’ordre lorsqu’un « fournisseur espagnol légitime de décodeurs TV a porté plainte contre une autre entreprise pour contrefaçon et vente de leurs décodeurs ».
Des informations plus récentes indiquent que le groupe de lutte contre le piratage EGEDA, Mediapro et Movistar Plus+ ont « hérité » de l’affaire grâce à l’acquisition par le propriétaire Telefónica du diffuseur satellite (et plaignant) Digital+. Les entreprises ont depuis perçu environ 300 000 euros de compensation de la part d’Engel. Plus de 300 700 euros devraient être remboursés au cours des deux prochaines années, grâce à une vaste opération des forces de l’ordre en mai 2016.
La police espagnole et allemande assistées par Europol/Eurojust
L’opération FAKE a commencé comme une enquête conjointe de la police nationale et des autorités fiscales espagnoles, avec le soutien de la police allemande, d’Europol et d’Eurojust, et a culminé le matin du 18 mai 2016.
Europol a déployé des unités d’enquête mobiles dans les bureaux d’Engel Systems à Barcelone, permettant aux experts d’analyser en temps réel les informations et d’extraire les données des téléphones portables et des dispositifs de stockage sur place.
Des raids simultanés dans sept villes espagnoles ont ciblé 38 domiciles. Un total de 30 suspects ont été arrêtés en Espagne et les autorités ont annoncé la saisie de 48 800 décodeurs importés de Chine. On disait qu’ils contenaient un micrologiciel personnalisé créé par l’équipe en Espagne. Le butin comprenait également 183 200 euros en espèces, des documents financiers et de l’équipement informatique, ainsi que d’autres objets d’intérêt.
Un avion privé, 10 véhicules de luxe authentiques, 1 contrefaçon
La nature des 10 véhicules de luxe saisis et de l’avion privé n’a pas été détaillée à l’époque, tandis que la contrefaçon de véhicule de luxe aurait pu être presque n’importe quoi.
Cependant, lors du Sommet international sur la protection des contenus en Pologne en 2018, l’inspectrice en chef Mónica Dopico Martínez, chef de la section de la propriété intellectuelle de la police nationale espagnole, a révélé la marque de la voiture, ainsi que d’autres détails mineurs…
Une image publiée par Europol montre du matériel saisi provenant de l’opération de minage de bitcoins s’étendant à perte de vue. C’est une image extrêmement impressionnante, mais vue à travers le prisme des prix de l’électricité d’aujourd’hui, c’est surtout terrifiant.