Découvrez comment Cambrium défie la nature en créant des protéines sur mesure et durables, pour surpasser toutes les attentes !

Nature a besoin d’une amélioration

La nature a fait un travail incroyable au cours des derniers milliards d’années, mais il y a toujours place à l’amélioration. Les protéines présentes dans notre corps sont excellentes, mais elles ne sont pas toujours faciles à produire ou à emballer. C’est pourquoi Cambrium cherche à concevoir des molécules améliorées qui fonctionnent de manière similaire, mais qui peuvent être produites de manière durable et à grande échelle, et qui sont également végétaliennes. Et oui, l’intelligence artificielle est impliquée.

Cambrium lève 11 millions d’euros pour développer de nouvelles protéines

L’entreprise a levé 11 millions d’euros pour étendre ses activités, passant d’un produit de concept, un dérivé personnalisé du collagène appelé NovaColl, à une nouvelle gamme de protéines structurales pouvant être utilisées dans les soins personnels et la mode.

Les problèmes du collagène

Le collagène est un bon exemple de la molécule qu’il est judicieux de modifier. C’est la protéine la plus courante dans notre corps, présente dans pratiquement tous nos tissus, et la baisse des niveaux de collagène est associée aux rides et autres signes de vieillissement. L’efficacité des compléments de collagène, qu’ils soient oraux ou topiques, est discutable, mais ils sont certainement sans danger et populaires.

Cependant, il y a deux problèmes : premièrement, le collagène biosimilaire au collagène humain doit être extrait d’animaux, généralement des déchets de l’industrie de la viande. Pas génial ! Deuxièmement, le collagène naturel est une molécule trop grosse pour vraiment pénétrer la peau et faire son travail.

Une nouvelle approche

Cambrium a donc travaillé sur ce problème dès les premières étapes de l’entreprise, en isolant la région de la protéine qui semblait être la plus efficace et en la modifiant pour pouvoir être fabriquée dans un bioréacteur – essentiellement, des microbes spécialisés qui se nourrissent de sucre et excrètent la molécule en question. La molécule résultante, NovaColl, plus petite et plus facile à fabriquer, semble stimuler la production de collagène mieux que la vraie, et cela sans utiliser d’organes animaux.

Cette approche valide le concept en montrant qu’il existe des molécules potentiellement utiles qui sont produites de manière plutôt désagréable, et que les deux aspects peuvent être améliorés.

Les nouvelles protéines structurales

Le PDG et fondateur, Mitchell Duffy, a expliqué que l’entreprise ne s’intéresse pas aux médicaments ou aux enzymes, qui sont utilisés à grande échelle dans l’industrie. Ils se concentrent plutôt sur les protéines structurales, qui ont une grande valeur en raison de leurs propriétés physiques.

Il a pris l’exemple de la soie. La soie est récoltée en masse à partir de vers à soie, mais ce qui nous intéresse n’est pas le fait que c’est un textile à base d’insectes. Sa valeur provient de ses propriétés structurelles, de la façon dont les fils sont droits et lisses à un niveau moléculaire, sans boucles ni pointes comme la laine (une autre protéine structurelle précieuse).

En ciblant la structure et la fonction plutôt que de respecter une séquence stricte d’acides aminés, Cambrium bénéficie d’une certaine souplesse dans le processus de conception des protéines.

L’intelligence artificielle au service de la conception de protéines

C’est là que l’intelligence artificielle intervient. Étonnamment, elle n’est pas simplement algorithmique ou spécifique à la biochimie, car les protéines ont « cette sensation de langage », comme l’a expliqué Duffy.

Les protéines ont une structure similaire à celle d’une phrase, il y a des mots que l’on peut remplacer pour obtenir le même sens mais une intonation ou une connotation différente. C’est ce que nous faisons, nous créons de nouvelles phrases. Nous avons créé un nouveau langage de programmation qui nous permet de fixer des contraintes sur ce générateur que nous avons – c’est un modèle qui a été entraîné sur une tonne de données, donc c’est vraiment une IA générative.

Ils travaillent à la fois sur la modification de protéines naturelles existantes et sur la conception de protéines à partir de zéro. Au lieu de s’attaquer à quelque chose à grande échelle, Cambrium espère s’adresser à des industries à faible volume mais à forte valeur ajoutée, comme les soins personnels.

Conclusion

La levée de fonds a été menée par Essential Capital, avec la participation de SNR, Valor Equity Partners et HOF Capital, ainsi que Merantix, dont le studio d’IA à Berlin a vu naître l’entreprise. Duffy a noté que l’Europe (où est basée Cambrium à Berlin) dispose d’un bon financement public pour ce type de travail, ce qui leur permet d’expérimenter et de développer leurs processus grâce à des subventions.

NovaColl est déjà en cours de livraison aux clients, qui l’utilisent et le testent dans leurs produits, de sorte que le marché n’est plus théorique. Les prochaines molécules de Cambrium ne sont pas encore révélées, mais nous devrions en savoir plus bientôt maintenant que ce financement permet d’accélérer les opérations.

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